Restless Legs and Akathisia from Medications: Recognition and Treatment

Restless Legs and Akathisia from Medications: Recognition and Treatment

Vous avez commencé un nouveau traitement psychiatrique, et depuis, vous ne pouvez plus rester assis. Vos jambes bougent tout seules, vous avez l’impression de devoir vous lever, marcher, bouger sans cesse. Votre médecin dit que c’est de l’anxiété. Il augmente votre dose. Et ça empire. Ce n’est pas de l’anxiété. C’est peut-être de l’akathisie.

Qu’est-ce que l’akathisie, vraiment ?

L’akathisie, c’est un trouble du mouvement causé par des médicaments, surtout les antipsychotiques. Le mot vient du grec : a- (pas) + kathisis (s’asseoir). Vous ne pouvez pas rester assis. Pas parce que vous êtes nerveux, mais parce que votre corps est en feu de l’intérieur. Il y a une sensation d’agitation intérieure, comme si vos os, vos muscles, vos nerfs étaient en train de se déchirer. Vous avez besoin de bouger, mais aucun mouvement ne soulage vraiment. Vous croisez et décroisez les jambes. Vous vous déplacez d’un pied sur l’autre. Vous vous levez, vous marchez sur place, vous vous rasseyez, vous vous levez à nouveau. C’est une torture physique, pas un simple malaise.

Elle apparaît souvent dans les 4 premières semaines après le début ou l’augmentation d’un antipsychotique. Les plus à risque : la halopéridol, la rispéridone, la chlorpromazine. Même les médicaments comme la métoclopramide (pour les nausées) peuvent la déclencher. Ce n’est pas rare. Entre 20 % et 40 % des patients sur des antipsychotiques de première génération en développent une. Même les nouveaux médicaments comme la rispéridone ou l’olanzapine en provoquent chez 5 à 15 % des personnes.

Akathisie ou syndrome des jambes sans repos ? La différence qui sauve la vie

Beaucoup confondent l’akathisie avec le syndrome des jambes sans repos (SJSR). C’est une erreur courante. Et c’est dangereux.

Le SJSR, lui, arrive surtout la nuit, quand vous êtes au repos. Vous avez une envie irrésistible de bouger vos jambes, souvent accompagnée d’une sensation de fourmillement, de tiraillement, de brûlure. Vous vous levez, vous marchez, vous étirez - et ça se calme. Le problème vient de la carence en fer, de facteurs génétiques, ou de certains traitements comme les antidépresseurs. Le traitement ? Du fer, de la lévodopa, des médicaments pour l’épilepsie.

L’akathisie, elle, ne se calme pas en bougeant. Elle est présente tout le temps, surtout quand vous êtes assis. Vous ne ressentez pas une sensation dans les jambes - vous ressentez une agitation globale, comme si tout votre corps voulait s’échapper. Et les médicaments qui aident le SJSR, comme la lévodopa, peuvent aggraver l’akathisie. Inversément, les bêta-bloquants comme le propranolol ou les benzodiazépines comme le clonazépam, qui aident l’akathisie, n’ont presque aucun effet sur le SJSR.

La clé ? Le lien avec le médicament. Si vos symptômes sont apparus 2 semaines après avoir pris de la halopéridol, ce n’est pas du SJSR. C’est de l’akathisie. Et si vous la confondez avec de l’anxiété, vous allez recevoir plus de médicaments. Et ça va empirer.

Les conséquences d’un mauvais diagnostic

On estime que jusqu’à 50 % des cas d’akathisie sont mal diagnostiqués. La plupart du temps, les médecins pensent : « C’est de l’anxiété. » Alors ils augmentent la dose d’antipsychotique. Ou ils ajoutent un anxiolytique. Résultat ? La personne devient encore plus agitée. Plus désespérée. Plus en danger.

Des études montrent que l’akathisie est directement liée à une augmentation du risque de suicide, d’agressivité, et même de violence. Un cas rapporté en 2017 décrit un patient sous halopéridol qui a développé des pensées suicidaires intenses - rien à voir avec sa psychose. Quand on a arrêté le médicament, les pensées ont disparu en 72 heures. Un autre patient a dit : « Je préfère la psychose à cette douleur. »

La plupart des patients ne comprennent pas ce qui leur arrive. Ils se sentent coupables. « Pourquoi je ne peux pas me calmer ? » « Je suis devenu fou ? » Ils cherchent sur Internet, trouvent le mot « akathisie », et enfin, ils comprennent. Ce n’est pas leur faute. C’est un effet secondaire médicamenteux. Et c’est réversible.

Comparaison visuelle entre syndrome des jambes sans repos et akathisie, avec symboles médicaux opposés.

Comment le diagnostiquer ?

Il n’y a pas d’analyse de sang ou de scanner pour confirmer l’akathisie. Le diagnostic repose sur l’observation et la question simple, mais cruciale : « Est-ce que vous avez une sensation intérieure d’agitation, comme si vous deviez bouger, même si vous ne voulez pas ? »

Les médecins utilisent une échelle standardisée, la Barnes Akathisia Rating Scale. Elle évalue deux choses : l’agitation subjective (ce que le patient ressent) et les mouvements observables (ce qu’on voit). Un patient qui bouge les jambes en continu, qui se lève et s’assied sans arrêt, qui ne peut pas rester tranquille pendant une consultation - c’est un candidat sérieux.

Il faut aussi éliminer les autres troubles du mouvement : la parkinsonisme médicamenteux (lent, raide, tremblements), la dyskinésie tardive (mouvements involontaires du visage, de la langue), ou les tremblements liés à d’autres médicaments. L’akathisie est unique : c’est une agitation intérieure qui pousse à bouger - pas une contraction musculaire, pas une secousse.

Que faire quand on l’a ?

La première chose à faire ? Arrêter ou réduire le médicament qui cause le problème. C’est souvent la solution la plus efficace. Pour la halopéridol, une réduction progressive sur 3 jours peut suffire à faire disparaître les symptômes. Ce n’est pas toujours possible - si la psychose est grave, on ne peut pas arrêter l’antipsychotique. Alors on ajoute un traitement pour contrer l’akathisie.

Les options les plus efficaces :

  • Propranolol : un bêta-bloquant, souvent à 10-20 mg deux fois par jour. Il réduit l’agitation intérieure chez 60 à 70 % des patients.
  • Clonazépam : une benzodiazépine, à 0,5-1 mg le soir. Il calme le système nerveux, réduit l’anxiété et les mouvements.
  • Cyproheptadine : un antihistaminique qui bloque la sérotonine. Il est moins connu, mais très utile dans les cas résistants.

On évite la lévodopa, les antidépresseurs, et les anticholinergiques comme la benztropine - ils n’aident pas, et peuvent empirer la situation.

Schéma cérébral illustrant l'akathisie causée par un médicament, avec échelle de Barnes en arrière-plan.

Les nouvelles pistes de traitement

La recherche avance. En 2023, un essai clinique a montré que le pimavansérine, un médicament utilisé pour les hallucinations dans la maladie de Parkinson, réduisait l’akathisie de 62 % chez les patients sous antipsychotiques. Une autre étude à Harvard explore la stimulation magnétique transcrânienne - une méthode non médicamenteuse qui pourrait rééduquer les circuits cérébraux impliqués.

Des applications mobiles, comme celle de la Société internationale des troubles du mouvement, aident maintenant les médecins à diagnostiquer plus vite. Des algorithmes d’intelligence artificielle, testés à Stanford, peuvent détecter l’akathisie sur des vidéos de consultations à distance - avec 89 % de précision.

Les nouveaux antipsychotiques, comme la lumatéperone (Caplyta), ont un risque beaucoup plus faible : seulement 3,6 % contre 14,3 % pour la rispéridone. L’industrie pharmaceutique commence à comprendre que la qualité de vie compte autant que la réduction des symptômes psychotiques.

Que faire si vous pensez en souffrir ?

Si vous prenez un antipsychotique et que vous avez cette sensation d’agitation intérieure, de besoin impérieux de bouger - ne la ignorez pas. Ne la laissez pas passer pour de l’anxiété.

Prenez une feuille. Notez :

  1. Le nom du médicament et la date de début
  2. Quand les symptômes ont commencé
  3. Quels mouvements vous faites (jambes, pieds, mains, tête)
  4. Si ça empire quand vous êtes assis
  5. Si vous avez eu des pensées suicidaires ou d’agressivité

Apportez ça à votre médecin. Dites-lui : « Je pense que j’ai de l’akathisie. Est-ce qu’on peut l’évaluer avec l’échelle de Barnes ? »

Si votre médecin ne connaît pas, demandez un avis en psychiatrie spécialisée. Beaucoup de généralistes n’ont jamais été formés à reconnaître ce trouble. Ce n’est pas votre faute. C’est un défaut du système.

Le mot de la fin

L’akathisie n’est pas une maladie mentale. C’est une réaction physique à un médicament. Elle est méconnue, sous-diagnostiquée, et souvent maltraitée. Mais elle est réversible. Beaucoup de patients retrouvent leur calme, leur sommeil, leur dignité - dès que le bon médicament est arrêté ou ajusté.

Vous n’êtes pas fou. Vous n’êtes pas faible. Vous êtes une personne qui a réagi à un traitement. Et vous méritez d’être entendu.

L’akathisie peut-elle disparaître sans arrêter le médicament ?

Oui, mais seulement avec un traitement additionnel. Des médicaments comme le propranolol ou le clonazépam peuvent réduire les symptômes sans changer l’antipsychotique. Cependant, la réduction ou l’arrêt du médicament responsable reste la solution la plus efficace et durable. Dans les cas graves, on combine les deux approches.

Est-ce que l’akathisie est permanente ?

Pas toujours. L’akathisie aiguë (qui apparaît dans les 4 semaines) disparaît souvent en quelques jours après l’arrêt du médicament. L’akathisie chronique (plus de 6 mois) peut persister, mais même dans ce cas, des traitements comme le pimavansérine ou la stimulation cérébrale montrent des résultats prometteurs. L’akathisie tardive, qui survient après des années, est plus difficile à traiter, mais elle n’est pas inévitable.

Pourquoi les médecins ne la reconnaissent-ils pas ?

Parce qu’elle n’est pas bien enseignée. Beaucoup de médecins n’ont jamais vu un cas ou n’ont pas appris à la différencier de l’anxiété. Les outils de dépistage sont rares dans les dossiers médicaux électroniques. Et quand un patient est agité, il est plus facile d’augmenter le traitement que de remettre en question le diagnostic initial.

Le syndrome des jambes sans repos peut-il être causé par un antipsychotique ?

Oui, mais c’est rare. Les antipsychotiques sont plus souvent responsables de l’akathisie. Si vous avez des symptômes de SJSR (sensation dans les jambes la nuit, amélioration en marchant), il faut vérifier votre taux de ferritine et votre historique familial. Si les symptômes sont apparus juste après le début d’un antipsychotique, c’est plus probablement de l’akathisie.

Y a-t-il des alternatives aux antipsychotiques pour éviter l’akathisie ?

Pour certaines conditions, oui. La psychothérapie cognitivo-comportementale, les approches de soutien psychosocial, ou les traitements non médicamenteux comme la stimulation magnétique peuvent réduire la dépendance aux antipsychotiques. Pour les psychoses sévères, les antipsychotiques restent essentiels, mais les nouveaux médicaments comme la lumatéperone ou le cariprazine ont un risque nettement plus faible d’akathisie.