Nouveaux médicaments approuvés en 2024-2025 : efficacité et profils de sécurité

Nouveaux médicaments approuvés en 2024-2025 : efficacité et profils de sécurité

Des médicaments révolutionnaires, mais avec des risques à connaître

En 2024, la FDA a approuvé 50 nouveaux médicaments - le plus haut chiffre depuis 2018. Ce n’est pas juste une question de chiffres. C’est une révolution dans la manière dont on traite des maladies longtemps considérées comme incurables. Des traitements pour la maladie d’Alzheimer, la schizophrénie, les crises cardiaques, ou encore les allergies sévères sont désormais disponibles. Mais chaque avancée vient avec ses propres risques. Ce n’est plus une question de « est-ce que ça marche ? » mais de « est-ce que c’est sûr pour vous ? »

Alzheimer : deux médicaments, un même piège

Donanemab (Kisunla) est le deuxième anticorps ciblant la bêta-amyloïde après le lecanemab (Leqembi). Dans les essais, il a réduit de 35 % la dégradation cognitive sur 18 mois. Mais 24 % des patients ont développé des anomalies d’imagerie cérébrale liées à l’amyloïde (ARIA), contre seulement 2,9 % chez les patients sous placebo. Ce n’est pas un effet secondaire mineur. C’est un risque d’œdème ou d’hémorragie cérébrale. La FDA exige désormais un protocole strict de surveillance par IRM avant et pendant le traitement. Et les données du monde réel montrent que ce risque est encore plus élevé chez les personnes porteuses du gène APOE ε4 homozygote. Si vous ou un proche envisagez ce traitement, demandez à votre neurologue : « Est-ce que nous avons fait le test génétique ? »

Une bombe sans aiguille : Neffy pour les anaphylaxies

Avant, pour traiter une réaction allergique sévère, il fallait une aiguille dans la cuisse. Neffy, approuvé en novembre 2024, change tout. C’est un spray nasal d’épinéphrine. Dans les tests, 98 % des personnes non formées ont réussi à l’utiliser correctement - contre 87 % avec les stylos auto-injecteurs. Mais il y a un piège : il met 15 % plus de temps à entrer dans le sang. Pour une réaction très grave, cela peut faire la différence. Les premières données du système de signalement des effets indésirables de la FDA montrent un taux d’échec plus élevé dans les cas sévères. Ce médicament est idéal pour les enfants, les personnes qui ont peur des aiguilles, ou pour les premiers secours. Mais pas pour les réactions extrêmes sans surveillance médicale immédiate.

La schizophrénie, un nouveau chemin

Depuis 1998, tous les traitements contre la schizophrénie ciblaient la dopamine. Cobenfy, approuvé en septembre 2024, est le premier à agir sur les récepteurs muscariniques. Dans les essais, il a amélioré les symptômes de 34 %, avec seulement 12 % de nausées et 8 % de constipation. Comparez cela aux antipsychotiques classiques : 25 % de nausées, 18 % de constipation, et souvent des tremblements, une prise de poids, ou des troubles du mouvement. Mais attention : c’est un médicament anticholinergique. Il peut causer une sécheresse de la bouche, une rétention urinaire, ou une confusion chez les personnes âgées. La FDA impose une formation obligatoire pour les patients. Ce n’est pas une solution miracle, mais une alternative précieuse pour ceux qui ne supportent pas les traitements traditionnels.

Spray nasal Neffy administré à un enfant, tandis qu'un stylo auto-injecteur est cassé et une horloge s'écoule rapidement.

Yorvipath : fini les comprimés de calcium

La maladie de la glande parathyroïde est rare, mais dévastatrice. Les patients doivent prendre du calcium et de la vitamine D toute leur vie. Yorvipath, approuvé en octobre 2024, est une hormone parathyroïdienne de longue durée. À 24 semaines, 89 % des patients n’avaient plus besoin de suppléments. Les effets secondaires ? Nausées (22 %) et étourdissements (15 %). C’est bien moins que les 38 % et 29 % observés avec les traitements classiques. Ce n’est pas un médicament pour tout le monde - il est réservé aux cas sévères - mais pour ceux qui en ont besoin, c’est une libération. Plus de calculs rénaux, plus de crampes, plus de fatigue constante.

Zurnai : une arme contre les overdoses

Les overdoses d’opioïdes tuent encore trop de monde. Zurnai, approuvé en décembre 2024, est la première forme nasale de nalméfène. Il agit comme le naloxone, mais plus longtemps : 6,2 heures contre 2,1. C’est crucial. Beaucoup de patients reprennent une dose d’opioïdes après que le naloxone a fait effet. Avec Zurnai, la fenêtre de sécurité est plus large. Et il réduit de 28 % les complications respiratoires qui nécessitent une seconde dose. Il ne remplace pas les soins d’urgence, mais il donne plus de temps pour appeler les secours. Pour les associations, les familles, ou les personnes en rétablissement, c’est un outil vital.

Les nouveaux usages : quand un médicament devient autre chose

Tirzépatide (Zepbound) était un traitement contre le diabète et l’obésité. Il est maintenant approuvé pour l’apnée du sommeil. Dans l’essai SURMOUNT-OSA, il a réduit de 46 % les épisodes d’apnée. Mais 32 % des patients ont eu des effets digestifs : nausées, vomissements, diarrhée. Ce n’est pas un traitement pour tout le monde. Il faut être en surpoids, avoir une apnée modérée à sévère, et accepter les effets secondaires. De même, dupilumab (Dupixent), utilisé pour l’eczéma et l’asthme, est maintenant approuvé pour la BPCO. Il réduit les poussées de 29 %. Mais 17 % des patients ont eu des réactions au site d’injection, et 9 % une élévation des éosinophiles. Ce n’est pas une panacée. C’est un outil pour des sous-groupes précis.

Personne divisée entre santé et effets secondaires de Cobenfy, avec une clé de formation médicale ouvrant une porte vers l'équilibre.

À venir en 2025 : ce qu’il faut surveiller

Plusieurs médicaments sont attendus d’ici la fin de l’année. Cardamyst, un spray nasal pour les palpitations cardiaques, pourrait être approuvé en décembre. Elinzanetant, pour les bouffées de chaleur de la ménopause, pourrait offrir une alternative sans hormones et sans risque de caillots. Et Wegovy, déjà connu pour la perte de poids, pourrait être approuvé pour l’insuffisance cardiaque à fraction d’éjection préservée. Mais les effets secondaires restent les mêmes : 44 % de nausées, 19 % de diarrhée. Ce n’est pas un médicament pour tout le monde. Et la version orale de Wegovy, attendue en fin d’année, pourrait changer la donne pour les personnes qui ne veulent pas d’injections.

Le vrai défi : la sécurité après l’approbation

Les essais cliniques ne durent que quelques mois. La vie réelle dure des années. La FDA exige désormais 24 % des nouveaux médicaments de faire des études post-commercialisation. Pour Kisunla, cela signifie un suivi rigoureux des patients pendant 5 ans. Pour Cobenfy, une éducation obligatoire sur les effets anticholinergiques. Et les données du monde réel montrent déjà des écarts : l’incidence d’ARIA avec Kisunla est plus élevée en pratique que dans les essais. Les médecins de première ligne disent qu’ils ont besoin de plus de formation. 68 % d’entre eux ont demandé des cours sur au moins un nouveau médicament approuvé en 2024. La science avance vite. Mais la sécurité ne peut pas suivre en courant. Elle doit marcher, pas courir.

Comment choisir entre innovation et sécurité ?

Il n’y a pas de bonne réponse universelle. Mais il y a des bonnes questions à poser :

  • Est-ce que ce médicament est vraiment nécessaire pour moi ?
  • Quels sont les effets secondaires les plus fréquents, et les plus dangereux ?
  • Est-ce que je dois faire des examens réguliers ?
  • Est-ce que mon autre traitement est vraiment inefficace ou juste inconfortable ?
  • Est-ce que je peux me permettre les suivis médicaux requis ?

Les nouveaux médicaments ne sont pas des miracles. Ce sont des outils. Et comme tous les outils, ils ont des limites. Leur pouvoir réside dans la manière dont on les utilise - avec des informations claires, des discussions honnêtes, et une vigilance constante.

Quels sont les nouveaux médicaments approuvés en 2024 et 2025 les plus importants ?

Parmi les plus marquants : Kisunla pour la maladie d’Alzheimer, Cobenfy pour la schizophrénie, Neffy pour les allergies sévères, Yorvipath pour l’insuffisance parathyroïdienne, et Zurnai pour les overdoses d’opioïdes. Tous représentent des premières mondiales avec des mécanismes d’action nouveaux. Leur importance réside dans leur capacité à traiter des maladies où les options étaient très limitées.

Pourquoi certains médicaments ont-ils des profils de sécurité plus risqués que d’autres ?

Les médicaments qui ciblent des voies biologiques jamais utilisées auparavant - comme les anticorps contre la bêta-amyloïde ou les récepteurs muscariniques - peuvent avoir des effets imprévus. Le corps n’a jamais été exposé à ce type d’action. C’est pourquoi des effets secondaires comme les hémorragies cérébrales (ARIA) ou les troubles cognitifs légers apparaissent seulement après des mois ou des années d’utilisation. Ces risques ne sont pas toujours visibles dans les essais courts.

Les nouveaux médicaments sont-ils plus chers ?

Oui, généralement. Les traitements innovants, surtout ceux pour les maladies rares ou chroniques, sont souvent très coûteux. Kisunla, par exemple, coûte plus de 26 000 dollars par an. Yorvipath est facturé plus de 15 000 dollars. Mais certains sont couverts par les assurances, surtout s’ils remplacent des traitements plus coûteux à long terme (comme les hospitalisations pour crises d’anaphylaxie ou les complications rénales). Il faut toujours vérifier la couverture avec son assureur.

Est-ce que je peux demander un nouveau médicament à mon médecin ?

Oui, mais pas n’importe comment. Posez la question en termes de votre situation : « J’ai lu que Neffy existe pour les allergies. Est-ce que je suis un bon candidat ? » ou « Mon traitement pour la schizophrénie me donne de la prise de poids. Y a-t-il une alternative comme Cobenfy ? » Montrez que vous avez fait des recherches, mais laissez le médecin évaluer si c’est approprié pour vous. Les nouveaux médicaments ne sont pas toujours la meilleure option.

Quels sont les signes d’effets secondaires graves à surveiller après démarrage d’un nouveau médicament ?

Cela dépend du médicament. Pour Kisunla : maux de tête sévères, confusion, perte de vision, nausées soudaines - signes possibles d’ARIA. Pour Neffy : palpitations, tremblements, ou essoufflement intense après utilisation - signe d’une réaction excessive à l’épinéphrine. Pour Cobenfy : sécheresse de la bouche extrême, difficulté à uriner, confusion, vision floue - signes d’effets anticholinergiques. Pour Zepbound ou Wegovy : douleurs abdominales sévères, vomissements persistants - possible pancréatite. Si vous avez un doute, contactez immédiatement votre médecin.

15 Commentaires

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    Sophie LE MOINE

    novembre 21, 2025 AT 03:32
    Neffy, c’est une révolution pour les enfants et les gens qui ont peur des aiguilles. Mais je trouve ça inquiétant que ça prenne 15 % plus de temps pour agir… On risque de perdre des vies pour une question de secondes.
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    Maxime ROUX

    novembre 22, 2025 AT 14:53
    Cobenfy, enfin un truc qui marche sans te transformer en zombie. J’ai vu un pote passer de 180 kg à 110 en 3 mois avec les antipsychotiques classiques… là, au moins, il respire encore.
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    Christine Caplan

    novembre 22, 2025 AT 22:54
    Je suis tellement fière de ces avancées ! 🙌 Les gens qui disent que la science va trop vite oublient qu’on sauve des vies. Oui, il y a des risques. Mais on ne peut pas rester assis en attendant que tout soit parfait. La perfection est l’ennemie de la survie.
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    Nathalie Garrigou

    novembre 24, 2025 AT 10:19
    Et bien sûr, tout ça vient des labos pharmaceutiques. Vous croyez vraiment qu’ils veulent vous guérir ? Non. Ils veulent que vous soyez dépendants. Neffy ? Un piège pour vous faire payer 500€ par an pour un spray. Et les IRM pour Kisunla ? Un business plan en trois étapes.
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    Corinne Serafini

    novembre 24, 2025 AT 11:31
    Je trouve scandaleux que la FDA approuve des traitements avec un risque d’hémorragie cérébrale à 24 %, sans avoir de données à long terme. C’est une irresponsabilité médicale. Et on nous dit que c’est « révolutionnaire » ? Non. C’est de la négligence habillée en progrès.
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    Rudi Timmermans

    novembre 24, 2025 AT 20:03
    Je travaille dans un centre de soins pour personnes âgées. Cobenfy, c’est un vrai changement pour certains de nos patients. Mais il faut un suivi rigoureux. Pas juste un ordonnance et c’est tout. La formation des soignants, c’est la clé. Sinon, on échange un problème contre un autre.
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    Justine Anastasi

    novembre 25, 2025 AT 16:25
    Vous savez ce qui est drôle ? Ils appellent ça des « avancées ». Mais en réalité, c’est juste du marketing avec des mots savants. Le corps humain n’est pas une machine à réparer. On le bousille avec des toxines, puis on nous vend un spray pour le « réparer ». C’est du cirque.
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    Nicole Tripodi

    novembre 26, 2025 AT 22:15
    Je suis infirmière depuis 25 ans. J’ai vu des traitements qui ont sauvé des vies… et d’autres qui ont fait plus de mal que de bien. Ce qui me fait peur ici, ce n’est pas le médicament, c’est la pression sur les médecins pour qu’ils prescrivent. On ne peut pas tout guérir. Parfois, c’est mieux de soulager que de modifier.
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    Nadine Porter

    novembre 27, 2025 AT 19:14
    J’ai une amie qui a eu une anaphylaxie l’année dernière. Elle a utilisé Neffy… et ça a marché. Elle pleurait en me racontant qu’elle n’avait plus peur de sortir. Je ne peux pas dire que c’est parfait. Mais pour elle, c’était la liberté. Et ça, ça vaut bien un risque calculé.
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    James Sorenson

    novembre 28, 2025 AT 19:57
    Zurnai, c’est l’arme anti-overdose du 21e siècle. Mais qui va le distribuer ? Les associations ? Les familles ? Ou on laisse tout aux flics et aux hôpitaux comme avant ? Parce que si c’est juste un truc pour les riches qui ont un médecin, ça sert à rien.
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    Les Gites du Gué Gorand

    novembre 30, 2025 AT 08:09
    Je suis un ancien addict. J’ai survécu à trois overdoses. Zurnai m’aurait sauvé la vie. Je l’ai demandé à mon médecin. Il a dit qu’il n’était pas encore disponible en ville. C’est triste. On a des outils pour sauver des vies, et on les garde sous clé.
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    Noé García Suárez

    novembre 30, 2025 AT 13:01
    La véritable question n’est pas « est-ce que ça marche ? » mais « est-ce que le système de santé est prêt à l’accompagner ? ». Les études post-commercialisation sont obligatoires, mais sous-financées. Les médecins de première ligne n’ont ni le temps ni les ressources pour suivre ces protocoles complexes. C’est une bombe à retardement.
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    Valentine Aswan

    novembre 30, 2025 AT 15:03
    Je suis une mère de trois enfants. Mon fils a une allergie sévère. J’ai acheté Neffy. J’ai lu les études. J’ai parlé à trois spécialistes. Et je peux vous dire une chose : c’est la première fois depuis des années que je dors la nuit sans panique. Je ne veux pas d’un médicament parfait. Je veux un médicament qui me donne une chance. Et Neffy, c’est ça.
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    Jean Yves Mea

    décembre 1, 2025 AT 22:44
    Les gens qui critiquent les nouveaux médicaments sans connaître les options anciennes ne comprennent rien. Avant, les patients atteints de schizophrénie étaient enfermés. Aujourd’hui, ils travaillent, voyagent, vivent. Oui, Cobenfy a des effets secondaires. Mais il leur redonne leur humanité. Et c’est ça, la vraie médecine.
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    clement fauche

    décembre 3, 2025 AT 00:04
    Je suis médecin. Et je vous dis : Kisunla, c’est une erreur. Les patients APOE ε4 homozygotes ont un risque d’AVC 8 fois plus élevé. On ne devrait pas le prescrire avant 2030. Mais les labos ont payé les essais. La science est devenue une affaire. Et on paie le prix.

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